La coopération transfrontalière en matière de santé

La santé est un bien précieux. Elle nous concerne tous. Que nous soyons patients, professionnels, gestionnaire des institutions de soins ou de l’assurance maladie, nous attendons tous d’un système de santé qu’il soit de qualité, accessible et abordable.

La santé ne doit pas avoir de frontière et principalement dans les espaces frontaliers où l’accès aux soins est généralement moins aisé. C’est la raison pour laquelle des projets de coopération sanitaire entre les systèmes de soins frontaliers se sont développés au cours des trois dernières décennies grâce aux programmes européens Interreg. C’est ainsi que la mobilité des patients, celle des professionnels de santé et la prise en charge des urgences transfrontalières sont progressivement devenues une réalité dans certaines zones bordières de l’UE.

C’est notamment le cas depuis 2008 dans notre territoire luxembourgeois avec la convention ZOAST (Zones Organisées d’Accès aux Soins Transfrontaliers) qui permet aux patients du nord de la Meurthe-et-Moselle de recevoir des soins sans obstacle administratif ni financier dans les hôpitaux d’Arlon-Virton. En 2013, cette convention a été étendue aux patients meusiens ainsi qu’à l’hôpital de Libramont. Quant aux patients du sud de la Province de Luxembourg, ils peuvent être accueillis à Mont-Saint-Martin et à Verdun. Cette entente a favorisé la collaboration entre les hôpitaux frontaliers. Ainsi, des radiologues d’Arlon pratiquent des examens IRM à Mont-Saint-Martin pour des Français et des Belges. Dans le domaine de l’aide médicale urgente, depuis 2009, les SMUR français et belges traversent la frontière pour s’occuper le plus rapidement possible d’un patient en urgence sur l’autre versant frontalier. Ce dispositif permet notamment aux citoyens des communes d’Aubange et de Musson d’être pris en charge par le SMUR de Mont-Saint-Martin. Les bénéfices sont indéniables. Cette disposition permet de sauver des vies et de limiter, voire d’éviter, les séquelles d’AVC et d’infarctus.

À la suite de cette pandémie qui nous a affectée d’une manière sans précédent, Mélissa Hanus estime que “La coopération sanitaire est sans conteste l’instrument idoine pour améliorer l’état de santé des populations frontalières, sans que des coûts supplémentaires n’affectent les budgets des systèmes de santé, à l’heure où les professionnels du milieu sont en nombre insuffisant pour faire face aux grands objectifs de santé publique et d’accès aux soins”.

Pour Jacques Devillers, “Grâce aux programmes Interreg, des initiatives peuvent être lancées pour jeter des passerelles entre pays voisins et renforcer la solidarité entre eux, au bénéfice des patients et des professionnels de santé. Cela débouche sur des réalisations qui améliorent les conditions de vie et de mieux-être des patients des régions frontalières, principalement rurales.

C’est dans cette perspective qu’une proposition d’accord-cadre, forme de traité sanitaire, a été lancé par le PS Luxembourg en collaboration avec le projet Interreg Grande Région COSAN. Il devrait être signé dans les prochains jours.  Pour Henri Lewalle, coordinateur de ce projet, “Cette nouvelle coopération permettra d’offrir aux patients frontaliers une offre de soins plus large et plus qualitative, à proximité de leur lieu de vie”.

Prochainement, nous vous tiendrons informés des réalisations mises en œuvre pour que chaque patient de notre territoire transfrontalier puisse obtenir une réponse plus adaptée à ses besoins, et que les institutions de soins frontalières renforcent leur offre grâce aux synergies qu’elles pourront développer entre elles.

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